Christèle Merter, La Gentle Factory / interview vidéo

Selon moi il existe deux étapes critiques dans la fabrication française. La première, celle de la filature où l’on compte très peu d’acteurs – pour ne pas dire plus du tout – capables de nous faire du fil français, et la dernière, l’étape de confection, où l’offre a fortement souffert de la délocalisation massive de certains acteurs. Il reste donc assez peu de confectionneurs et ces derniers ne sont plus tout à fait organisés pour répondre à des capacités de volume importantes.

Nous avons pris le temps de remonter des chaînes de fabrication en investissant financièrement sur les lignes de production. Nous avons acheté des tables de coupe et des machines à coudre afin de pouvoir produire entre 30000 et 80000 T-shirts et sweats sur une année complète. Cela s’est fait progressivement, par la mise en place sur les six premiers mois de tests sur 5000 pièces, de façon à ne mettre personne en difficulté ni en situation de stress et de pouvoir vérifier que nous étions à la fois opérationnels et au rendez-vous sur le plan de la qualité. Nous tricotons, tissons, teignons, confectionnons, sérigraphions, fabriquons nous boutons en France donc nous ne plaisantons pas avec ce sujet là.