Agnès Etame-Yescot, une plateforme d’échanges unique…

Commissaire générale de Made in France Première Vision, Agnès Etame-Yescot nous rappelle les grands enjeux du salon etnous dévoile les coulisses de l’événement. Des critères de sélection des exposants à l’extraordinaire diversité de leur production.

Vous recevez cette année une centaine d’exposants. Qui sont-ils ?
Ce sont des fabricants qui couvrent l’ensemble des métiers de production en provenant des principaux territoires de production françaises. Des fabricants de matières, d’accessoires et de composants ; des confectionneurs et tricoteurs ; des ennoblisseurs… Mais aussi des organismes professionnels ; syndicats, bureau d’études, de modélisme ou d’innovation, qui sont des acteurs essentiels pour la filière.

 

Vous procédez à une sélection très pointue. Comment s’effectue-t-elle ?
Notre premier critère est une production sur le territoire français, à hauteur de 70% minima, avec une unité de production à part entière (et non un seul siège commercial) sur notre territoire. Par ailleurs, la fabrication doit se situer dans le droit fil des savoir-faire que nous présentons sur le salon. Après cette première sélection, nous demandons d’ailleurs aux entreprises retenues de nous envoyer des éléments très détaillés relatifs à la structure de leur entreprise ainsi des propositions de leur savoir-faire pour que nous puissions juger concrètement de la qualité de leur production avant de prendre la décision finale.

 

Vos critères ont-ils évolué depuis la naissance du salon en 2003 ?
Rappelons que ce salon est né en collaboration avec les syndicats régionaux liés à l’UFIMH*. Il se positionnait alors totalement à contre-courant de l’époque, qui misait sur une délocalisation avec la levée des quotas. La suite a montré que nous avions vu juste et le salon s’est développé au fil des années avec une accélération en 2013, au moment du rachat par le groupe Première Vision. Nos critères n’ont pas vraiment évolué mais nous sommes devenus à la fois plus pointu et plus large en terme de métiers. Made in France Première Vision représente désormais les filières habillement et textile.

 

Vos exposants sont-ils fidèles ? Qui sont les plus anciens ? Les nouveaux venus ?
Le salon constitue LE rendez-vous de la filière avec un taux de fidélité de près de 80%. Certains sont des partenaires de la première heure, comme la société de confection CSS-JC Confection basée en Charentes-Maritimes. Dix-sept sont des nouveaux venus, parmi lesquels MFC Eram, une manufacture qui produit la marque éponyme mais fabrique également des chaussures pour d’autres maisons, et ceci depuis 1927. Nous accueillons aussi la maison Fonty, une des dernières manufactures de laine française, installée dans la Creuse dès 1880.

L’implication des organisations professionnelles, partenaires engagés et actifs du salon comme le DEFI, l’UFIMH, l’UIT, le GFF, sont bien évidemment des acteurs forts de la préservation des savoir-faire.

 

Comment définiriez-vous le cru 2018 ?
Cette édition est d’une qualité remarquable. Elle couvre des territoires de production très différents et offre une diversité de métiers, de spécificités et de savoir-faire. Nous recevons, par exemple, Danse Azur qui fabrique des chaussons de danse pour… l’Opéra de Paris !

 

Le marché évolue très vite, comment jugez-vous la capacité d’adaptation de vos exposants ? Leur sens de l’innovation ?
A partir de 2004 et la levée des quotas, beaucoup de marques ont commencé à produire à l’étranger. Devant cette situation, nos entreprises ont rapidement réagi et se sont tournées vers le luxe qui continuait de miser sur le made in France. Elles ont alors fait preuve d’une grande capacité d’adaptation, décidant de monter en gamme et de développer de nouvelles expertises pour répondre aux exigences de cet univers. Aujourd’hui, nos sociétés expérimentent des techniques en commun, œuvrent en réseau pour augmenter encore leur efficacité. Elles travaillent aussi, de concert, à l’innovation et à la transformation numérique.

 

Le salon connaît un succès qui ne se dément pas. Qu’apporte-t-il à la filière ?
Made in France Première Vision est une plateforme de rencontres unique car c’est le seul moment de l’année où l’ensemble des acteurs et prescripteurs de la filière française se rencontrent. Notre approche est d’en faire un évènement qui rassemble l’ensemble de l’écosystème de la création et de la production industrielle française où se mêlent à la fois les rencontres d’affaires, de l’expérience et la transmission de l’évolution la culture de fabrication française auprès des marques de mode sensibles au made in France.

 

*UFIMH : Union Française des Industries Mode et Habillement
UIT : Union des Industries Textiles
GFF : Groupement de la Fabrication Française

 

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